Comment la Théorie d’Aviel Goodman Révèle l’Impact des Addictions Numériques et des Réseaux Sociaux

Les addictions ont toujours été présentes dans nos sociétés, prenant des formes variées selon les époques et les contextes culturels. Alors que l’on pensait autrefois aux substances comme l’alcool ou les drogues, un changement s’est opéré ces dernières décennies : l’apparition des dépendances comportementales. Parmi les figures marquantes de la recherche sur ce type d’addiction, Aviel Goodman a défini l’addiction d’une manière qui transcende le simple usage de substances pour inclure des comportements répétitifs, compulsifs et nuisibles à la vie quotidienne.

La définition de l’addiction selon Aviel Goodman

Aviel Goodman, psychiatre et expert en addictions comportementales, a développé une définition qui aide à comprendre comment l’addiction peut se manifester sans l’implication de substances. Selon lui, une addiction est un processus dans lequel un comportement, initialement motivé par la recherche de plaisir ou la réduction de stress, devient un mécanisme que l’on poursuit malgré les conséquences négatives. Cela crée un cycle de compulsion et de soulagement temporaire suivi de culpabilité ou de détérioration personnelle.

Cette approche théorique a permis de légitimer des comportements tels que l’addiction au jeu, au sexe, ou même à la nourriture en tant que véritables dépendances. Mais comment s’applique-t-elle aux phénomènes récents tels que l’addiction aux technologies digitales et aux réseaux sociaux ?

Un terrain fertile pour les addictions modernes

Les technologies numériques et, plus spécifiquement, les réseaux sociaux ont pris une place centrale dans nos vies. Dès le matin, nombreux sont ceux qui se précipitent sur leur téléphone, à la recherche de notifications, de likes ou de messages. Je l’avoue, cela m’arrive également. Mais ces actions anodines, répétées jour après jour, peuvent progressivement se transformer en comportements compulsifs, répondant parfaitement à la définition proposée par Goodman.

L’architecture même des plateformes numériques est conçue pour capter et retenir l’attention. Le défilement infini, les notifications constantes, et la gratification immédiate des interactions sociales en ligne sont autant de leviers qui activent le système de récompense du cerveau, le même qui est impliqué dans les addictions plus traditionnelles.

Les réseaux sociaux : une boucle de rétroaction addictive

Goodman parle de la compulsion qui pousse un individu à répéter un comportement, et les réseaux sociaux en sont un parfait exemple. Chaque nouvelle notification déclenche une petite décharge de dopamine, un neurotransmetteur associé au plaisir. Cette libération de dopamine agit comme une récompense qui renforce le comportement de consultation compulsive des réseaux.

Ainsi, ce qui commence comme une simple vérification de messages peut rapidement évoluer en une habitude, puis en un besoin compulsif. Et lorsque l’accès aux réseaux est empêché, certains ressentent de l’anxiété, de l’irritabilité, voire un sentiment de vide, rappelant les symptômes de sevrage propres aux autres formes d’addiction.

Les conséquences : un impact réel sur la vie quotidienne

Les addictions aux technologies ne sont pas sans conséquences. Bien que ces comportements puissent sembler inoffensifs, ils entraînent des effets délétères sur la santé mentale et physique. La dépendance aux réseaux sociaux, par exemple, est souvent associée à des niveaux accrus de stress, à la dépression et à l’anxiété. De plus, l’addiction au digital peut entraîner une baisse de la productivité, des difficultés de concentration et même une altération des relations interpersonnelles.

Goodman soulignait que le caractère principal d’une addiction est la poursuite du comportement malgré des conséquences négatives évidentes. Combien de fois avons-nous entendu parler de personnes perdant de précieuses heures de sommeil, négligeant leur travail ou sacrifiant du temps de qualité avec leurs proches à cause du temps passé sur les réseaux sociaux ? Nous en connaissons tous assurément, ne serait-ce qu’avec nos ados.

Pourquoi cette addiction est-elle si insidieuse ?

L’une des raisons pour lesquelles l’addiction aux technologies est particulièrement insidieuse est qu’elle se dissimule sous le couvert de la normalité. Dans un monde hyperconnecté, être actif sur les réseaux sociaux est souvent perçu comme une nécessité plutôt qu’une option. Cela complique la distinction entre une utilisation saine et une véritable dépendance. Les individus, piégés dans ce cycle, ont du mal à prendre conscience de leur comportement addictif jusqu’à ce que celui-ci commence à affecter leur bien-être.

La définition de Goodman souligne que l’addiction entraîne une perte de contrôle. Les technologies modernes exploitent précisément cette faiblesse : elles créent l’illusion de choix et de contrôle, alors que l’utilisateur se retrouve souvent prisonnier d’un système qui guide ses actions. Je suis conscient que cette assertion risque de ne pas être populaire, pour autant il est facile d’observer ce qui se passe.

Une adaptation à l’ère numérique

Adapter la théorie de Goodman aux addictions numériques implique de reconnaître que l’addiction ne se limite pas aux substances chimiques. C’est un débat toujours d’actualité au sein de la communauté des psy, mais ici n’est pas le sujet. En 2024, nous devons je crois envisager l’impact des habitudes numériques sur la santé mentale avec le même sérieux que celui réservé aux dépendances aux substances.

Les solutions ne sont pas aussi simples que la suppression de l’application ou la déconnexion temporaire. Il s’agit souvent de questionner la relation que l’individu entretient avec ces plateformes, et de comprendre pourquoi ce comportement est devenu une réponse privilégiée au stress ou aux émotions négatives.

Conclusion : vers une prise de conscience collective

Le modèle de Goodman offre un cadre précieux pour comprendre pourquoi et comment les comportements liés aux technologies peuvent devenir addictifs. Ces comportements répondent aux mêmes critères que toute autre forme d’addiction : recherche de soulagement, compulsion, et maintien malgré des effets négatifs. Pour ceux qui se reconnaissent dans ces descriptions, il peut être bénéfique de consulter un professionnel pour explorer et comprendre cette dépendance naissante et élaborer des stratégies pour y faire face.

Le chemin vers une utilisation plus consciente et maîtrisée des technologies passe souvent par la prise de conscience et l’accompagnement. Un thérapeute peut aider à explorer ces comportements en profondeur et à développer des méthodes pour les surmonter, favorisant ainsi un mieux-être durable.

N’hésitez pas à faire signe, si vous vous sentez concerné.

 

Florent Ferres Psychothérapie à Hyères

Florent Ferres Psychothérapie - Thérapie de Couple - Coaching

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